route de Toulouse, Cahors 46

 

travailler avec le risque - route de Toulouse à Cahors 46

 

lieu Cahors, 46
année 2011-2012
mission étude
surface 3 km - 125.000m² SHON existante
maître d’ouvrage METL - ateliers nationaux "les territoires économiques"
maître d’œuvre
ANYOJI BELTRANDO architecte urbaniste référant sur le site de Cahors
SEURA mandataire de l’étude
TN plus paysagiste
Alphaville programmation urbaine
Convergences CVL programmation commerciale
Philipe Massé BET déplacements
Bruno Barrocca et Damien Serre, environnement et risques

 

-

 

inondations torrentielles
La route de Toulouse est la route commerciale historique de Cahors qui, sur deux kilomètres, accueille des concessionnaires automobiles, un centre commercial Carrefour, 120 commerces au total. Le tout logé dans une étroite vallée au pied de collines verdoyantes.

Tout a basculé en 1996, quand le Bartassec, un minuscule torrent s’est réveillé soudainement. Suite à une forte pluie, il a envahi la zone commerciale, arraché les ronds-points, dévasté une fabrique d’embouteillage de vin, emporté les voitures neuves des concessionnaires créant des embâcles dans le secteur. Heureusement l’événement est arrivé en soirée, ne créant pas de dommage sur les personnes. Le même évènement se reproduit en 2010 avec un peu moins de violence.

Depuis 2004, la mise en place d’un PPRI de niveau rouge empêche le développement du secteur. Mais la zone est bien placée, juste en face du centre-ville, permettant une accessibilité en transport en commun ou à pied.

 

travailler avec le risque
Ce sujet nous plaît de suite. Si la situation est bloquée, les acteurs sont réunis : élus, commerçants, experts du risque. Nous travaillons de manière ouverte, intuitive sans tabou. Notre intuition de départ est qu’il ne faut pas opposer risque et développement commercial et urbain, mais qu’il faut conjuguer ces deux dimensions pour aboutir à un projet spécifique et réaliste.

Pendant toute l’étude, nous défendrons deux positions. La première : il ne faut pas déplacer la zone sinon les boites commerciales vidées seront réoccupées. La seconde : il ne faut pas étendre la zone commerciale dans la vallée en amont mais travailler à périmètre constant. L’étalement ne  résoudra rien à long terme.

 

une stratégie itérative
Nous nous posons des questions et envisageons tous les scénarii possibles : démolition de toute la zone, canalisation du Bartassec pour répondre à différents niveaux de crue.... Nous testons toutes ces solutions parfaites mais absurdes car trop chers et irréalisables financièrement.

Nous développons à force de dialogue une stratégie qui permet de concilier développement commercial et prévention des risques. L’eau doit avoir plus de place pour s’écouler, la paysage des collines doit être magnifié, il faut trouver de la constructibilité au sein de la zone pour financer l’opération.

Puis, le CETE de Bordeaux réalise une modélisation hydraulique extraordinairement précise du comportement capricieux du Bartassec. Ils testent avec nous, plusieurs hypothèses par bâtiments ou points de contraintes hydrauliques (ouvrages d’art, etc.).

La modélisation porte ses fruits. Moins de 10% des bâtiments doivent être démolis. Les ouvrages d’art seront contournés par des bras de dérivation partiels. La canalisation du Bartassec se fera pour partie dans la zone la plus imperméabilisée aujourd’hui.

-